Bast parle du « Souffle »

Le premier Souffle
Annonce la couleur,
La teinte unique,
La Nouvelle-Née,
La Vibration incarnée.

Le premier cri, lui,
Annonce, l’ensemble
Des nuances héritées,
Déjà teintées, celles
De ces couleurs qui
Ne nous habitent pas,
Mais qui nous habillent,
Nous vêtissent
D’une tunique
Soi-disant unique.

Noire, blanche ou
Arc-en-ciel, elle n’est faite
Que de toiles,
De fils enlacés,
Entremêlés,

Qu’il nous faudra bien,
Un jour, une nuit, découdre,
Dénouer, délacer, détisser,
Pour qu’enfin, en pleine
Conscience, se dissolvent
Les filtres dans leur entier,
Mêmes ceux qui, adorés,
Parlent d’amour,
Même ceux dont on rêve
Depuis toujours.

Tous,
Tous sont à dissoudre
Jusqu’à ce que l’on se souvienne
De la couleur qui rayonne
Qui Nous sommes,
Du premier,
Du tout premier,
Au dernier,
Au tout dernier,
Souffle.

Réjouissons-Nous !

Bast parle de « bouder »

Tu me boudes…
Soit.

Tu me boudes
Et tu me sens,
Ces temps,
Souvent,
Trop loin
Trop floue, ou,
Curieusement,
Trop proche,
Présente,
Puissante,

Tu me boudes.
Soit.

Tu me boudes,
Et chamboules,
Ainsi,
Tes croyances,
Remets
En cause
Mon influence,
Remets en cause
Tout,
Jusqu’à mon existence,

Tu me boudes,
Soit.

Tu me snobes,
Soit,

Et j’aime
Justement
Cet instant-là,
Car je peux venir,
Dans l’interligne,
L’interstice,
Dans ce creux,
Ce vide,
Entre ces deux
Désapprentissages,

Glisser un son, un Verbe
Une Vibration,
Un « Je t’aime »
Que je vais te le laisser,
Chanter, accueillir,
Que je vais te laisser
Vibrer,
Ou bouder,
Mais qui toujours,
Toujours, va

Me réjouir !

Bast parle de « se souvenir »

Souviens-toi !

Souviens-toi, non pas de ce que
L’on t’a dit de faire,
De ce que l‘on t‘a prié d’ignorer,
Souviens-toi,

Non pas de ce que l’on t’a
Demandé de dire, ou de taire,
Souviens-toi, juste là,
Maintenant,

De l’Air, du Vent
Qui chante,
Qui souffle,
Et qui t’enchante.

Souviens-toi !

Du présent,
Cadeau de l’eau
Qui coule, qui glisse
Sur ta peau

Souviens-toi !

Du Feu qui s’embrase,
Qui s’enflamme,
Qui scintille de tendresse,
Qui illumine tes yeux.

Souviens-toi,

Souviens-toi surtout
Du goût de la terre,
De l’odeur de Sel,
Celle sacrée de la Mère.

Souviens-toi !

Et oublie,
Oublie-toi
Totalement,
Entière,

Pour qu’ainsi
Puisse vivre,
Cette partie de toi
Qui de se rappelle,

Qu’elle sait,
Qui Sait
Et qui
S’en souvient !

Réjouis-toi !