Bast parle de « Regard »

Un regard animé, qu’il soit fixe,
De coin, ou oblique, reste un œil jeté,
Mû par la volonté de ramener
Une image reflétée, déjà projetée.

Ainsi en est-il du regard « au loin »,
Qui reste à l’intérieur à observer
Ce qui, perdu, attend d’être guidé,
Aspire à être éclairé.

Pour exister, ce regard-là, a besoin,
Lui aussi, d’être animé par l’envie
De voir, d’avancer, de scruter,
Par l’envie de chercher, de trouver.

Aujourd’hui, j’aimerais te parler
D’un autre regard, d’un regard non animé,
Non créé par le désir, les pensées,
Ni par l’espoir, ni même par les idées.

Je te parle d’un regard
Qui ne cherche pas, ne cible pas,
Qui ne réfère rien et qui, pour exister,
N’a même pas besoin d’une intention.

Ce regard n’est pas animé,
Ni par les contrastes,
Ni par les nuances, ni par l’ombre,
Ni par la lumière, non.

Rien ne l’anime.
Il Est.
Et, parce qu’il Est,
Il ne voit que ce qui rayonne,

Et ce qui rayonne lui offre
La vision de la vérité vraie.
C’est le regard de Celui et de Celle
Qui Sait.

Réjouis-toi !

Bast parle de « Ressentir »

Si je te dis
Qu’il n’y a pas de début,
Ni de fin, ni de cause,
Ni de pourquoi, ni de comment,

Si je te dis
Qu’il n’y a aucun sens,
Aucune raison,
Que ressens-tu ?

Oui, tu vois, il est bien difficile
De ne rien voir, d’avancer à l’aveugle,
D’avoir le sentiment
De tâtonner dans le noir.

Oui, tu vois, tu n’aperçois rien,
Et c’est très bien.
Maintenant, là, dans ce vide,
Tu peux t’installer dans ton ressenti.

Et, à cet endroit, tu pourras observer
Qu’il est impossible que tu sois éblouie
Par ce qui est reflété, mais que tu peux
Te laisser émerveiller par ce qui rayonne,

Sans que ce rayonnement ne change
Une once de ta nature, de ton essence.
Tu peux, alors, ressentir sans subir,
Ressentir sans te questionner.

Tu peux, alors, ressentir
Sans chercher à obtenir,
Sans chercher
À comprendre,

Puisque ce qui est
Est déjà né,
Et que ce qui est, Est
Et que tu le Sais.

Réjouis-toi !

Bast parle de « La Lumière qui dissout »

Tu ne comprends pas
Le « Pourquoi »
De tous ces malentendus,
De ces dénis d’évidences,
Même des flagrantes.

Tu ne comprends pas
Le « Comment »
Se peut-il que ce qui est,
Pourtant, si clair,
Ne puisse être vu.

Tu t’interroges sur les égarements,
Sur les aveuglements,
Sur tous ces consentements.
Tu ne comprends pas,
Tu ne comprends plus.

Et comme cela me réjouit !

Car oui, c’est justement là,
En cet instant, que le doute,
Que le désarroi, crée un espace,
Un vide, dans lequel peut
Se percevoir La Lumière.

Non pas celle qui éblouit,
Non pas celle reflétée,
Mais cette Lumière qui brûle tout,
Tout ce qui a été appris,
Tout ce qui a été compris.

Je te parle de cette Lumière
Qui n’a que faire de luire,
De celle qui, naturellement,
Rayonne et qui, au-delà
De toute compréhension,

Dissout,
Dissout tout
Puisqu’Elle sait
Que toi aussi,
Tu Sais.

Et t’en réjouis !